Le domaine de Beau-Lièvre

Un domaine consacré à la culture biologique de la rose Centifolia

Le projet d’une femme : Marie-Line Houdou.

Être une femme, avoir trois enfants, vivre à Paris et mener une carrière épanouissante, est un combat de chaque instant. Il a fallu s’organiser, apprendre, entreprendre, éduquer, prouver, s’acharner, courir, se maquiller pour paraître, séduire et s’imposer.

Et un jour, les enfants sont grands et le ciel de Paris est bien gris.

Il y a le réchauffement climatique, moins d’hirondelles, la fatigue et l’étiquette de ma crème de jour : une étiquette indiquant des composants de synthèse, des conservateurs, des excipients et rien de naturel.

“Une envie de nature, de sens et de respect…”

Ce fut une vraie prise de conscience, je voulais vivre avec la nature. Je voulais me respecter, respecter l’environnement. Pour mes enfants, pour moi, pour notre avenir et pour la planète, je voulais agir.

Alors des souvenirs d’enfance sont revenus : la campagne de Puisaye, les parfums d’un jardin, des histoires de ma grande tante Antoinette, de ses parents horticulteurs à Thiais, qui cultivaient des fleurs à couper pour les fleuristes parisiens.

Entrepreneuse dans l’âme, j’ai décidé d’acheter une ferme, d’y être horticultrice cosmétologue.

Le domaine de Beau-Lièvre : une ferme dans le Val de Loire.

Pour la culture de la rose Centifolia, une terre argilo-calcaire, à vignes, est idéale. Je ne voulais pas m’installer à Grasse. Je voulais trouver mon terroir, donner un autre caractère, une autre identité à mes roses.

“Un terroir idéal dans le Loiret, une ferme sur une colline…”

J’ai choisi la vallée de la Loire. Au sud de Gien, à Autry-Le-Chatel, perchée sur une colline face au village, il y avait une ferme à l’abandon, en vente. Les bâtiments étaient vétustes. Les alentours étaient jonchés de gravats, de déchets et de vieilles machines couvertes de ronces. Sur les deux hectares de terre, il n’y avait presque plus de haies, plus d’arbres. Tout avait été rasé pour y pratiquer une agriculture industrialisée.

En marchant parmi les herbes folles, un lièvre m’a surprise et s’est enfuit. Le lieu m’a conquis : ici sera mon domaine, le domaine de Beau-Lièvre.”

Pour une agriculture avec la nature.

Je voulais une culture biologique de mes rosiers. Tout était à faire : la ferme à reconstruire, des terres et un écosystème à revivifier.

Les haies protègent du vent. Les arbres empêchent l’érosion et maintiennent l’humidité. Le couvert végétal et les micro-organismes favorisent la fertilité des sols. Les abeilles pollinisent les plantes. Les oiseaux, les hérissons et les coccinelles mangent les parasites des rosiers. Le terroir, la flore et la faune se régulent.

Aucun traitement et la traction animale pour travailler la terre

Sur 2 hectares, j’ai replantés 400 arbres et arbustes, enherbé des surfaces et installé des nichoirs.

Aucun traitement n’est appliqué sur les rosiers, les parasites sont enlevés à la main. Et plutôt que d’utiliser un tracteur, c’est un cheval Cob normand qui vient travailler mes terres.

Une faune et une flore préservées.

Avec les écologues de Loiret-Nature-Environnement, nous suivons l’impact de ces actions sur les populations végétales et animales, notamment celles en déclin.

Déjà alouettes des champs, lézards à deux raies, hanneton de la Saint-Jean, papillon petite tortue, phytoécie bleuâtre et pensée sauvage viennent repeupler le domaine.

Des roses au parfum riche et subtile.

Les rosiers sont beaux et bien portants. Mes premières récoltes sont prometteuses.

Toutes les vertus de la rose sont naturellement préservées. La qualité des fleurs obtenues et la richesse olfactive de leur parfum me permettent d’élaborer des cosmétiques sains et naturels sur le domaine.